Ecoutez Bobo chanter
Mercredi, décembre 16th, 2009
Petite ville tranquille, Bobo se laisse vivre à l’ombre de ses grands arbres. Pourquoi se presser quand il fait si chaud ?
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Petite ville tranquille, Bobo se laisse vivre à l’ombre de ses grands arbres. Pourquoi se presser quand il fait si chaud ?
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Sous un auvent de paille, face à la gare routière de Dagana, j’ai été frappée par la longueur des bras et des jambes d’Abdourahmani Sy, fils de griots peuls.
Immenses. Presque effrayants au regard de sa bouille d’enfant. Et pourtant, il a déjà trente ans. On dit que le temps ne compte pas en Afrique. C’est peut-être pour cela que les hommes ne semblent pas vieillir. Abdourahmani aurait pu me dire « j’ai 17 ans », je l’aurais cru.
Lui, le fils de Madani Thiam Sy et de Nbeye Thiam, est fier d’être un Bambado : un griot peul.
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Décidément, les langues se délient quand vient la nuit. L’arbre à palabres est un mirage. Du moment que l’on peut s’asseoir et prendre le temps, il y a tant de choses à raconter. Mais il faut accepter de ne rien « garder », de ne rien « prendre ». Ni photo, ni enregistrement. C’est ce dernier point qui me torture le plus. Sans les « r » qui roulent sur la langue, sans les « tu as vu », les « bon » caractéristiques, sans les intonations épiques et les fausses colères rhétoriques, nos conversations perdent un peu de leur saveur. En racontant ces échanges tardifs sur ce blog, je trahis d’ailleurs un peu mes interlocuteurs.
Ce soir, dans la cour de la maison de Leïla, mes professeurs s’appellent Adama et Samba.