« Quand un discours m’exalte » / Entretien avec Sandra Bornand (1/2)

Dimanche, janvier 10th, 2010

Petite, Sandra Bornand rêvait d’Afrique noire en écoutant les récits de son cousin né au Tchad et en fouillant dans le grenier de sa grand-mère. Elle collectait les pièces de 20 centimes, se promettant de poser les pieds un jour sur cet autre continent.  

A la fin de ses études, elle décide de travailler sur un extrait d’une épopée d’un griot nigérien. Et part. « Quand je suis arrivée au Niger, c’était comme une évidence », dit-elle.  

Elle qui voulait quitter le monde universitaire se lance dans une thèse sur les jasare (les griots généalogistes et historiens) et noue des relations particulières avec Djibo Badié, dit Djéliba (litt. “le grand griot”) ou Dialba (celui que j’ai suivi lors du mariage princier à Hamdallaye). 

(suite…)

Ecoutez Bobo chanter

Mercredi, décembre 16th, 2009

Les jardins de Bobo-Dioulasso

Petite ville tranquille, Bobo se laisse vivre à l’ombre de ses grands arbres. Pourquoi se presser quand il fait si chaud ?
(suite…)

Toumani Diabaté : une pluie de billets en plein concert

Jeudi, décembre 3rd, 2009

Toumani Diabaté

Petit intermède griotique entre ces cartes postales.

Toumani Diabaté était il y a deux semaines en concert au Centre culturel français de Bamako avec le Symmetric Orchestra, sa formation qui rassemble des musiciens de l’Afrique de l’Ouest.

Toumani Diabaté est un grand maître de la kora, héritier de 71 générations de koristes.

Un concert c’est un concert me direz-vous. Mais certaines pratiques dans un spectacle de griots sont pour le moins déroutantes.

(suite…)

Veillée chez les Sy, griots peuls

Jeudi, novembre 5th, 2009

Abdourahmani SySous un auvent de paille, face à la gare routière de Dagana, j’ai été frappée par la longueur des bras et des jambes d’Abdourahmani Sy, fils de griots peuls.
Immenses. Presque effrayants au regard de sa bouille d’enfant. Et pourtant, il a déjà trente ans. On dit que le temps ne compte pas en Afrique. C’est peut-être pour cela que les hommes ne semblent pas vieillir. Abdourahmani aurait pu me dire « j’ai 17 ans », je l’aurais cru.

Lui, le fils de Madani Thiam  Sy et de Nbeye Thiam, est fier d’être un Bambado : un griot peul.
(suite…)

Neuf heures de bosses et puis Matam !

Mercredi, novembre 4th, 2009

MatamQuand, à la gare routière de Dagana, on m’a annoncé un trajet de sept heures pour rejoindre Matam, cela m’a paru un peu excessif pour près de 300 km. « Tu es sûr? » j’ai dit. « Quoi ! Tu demandes combien de temps et après tu demandes si je suis sûr ? » m’a répondu le jeune homme, vexé.

Punie. Neuf heures plus tard, les vertèbres un peu tassées, je suis arrivée à Matam. En mini-bus, en taxi collectif, en bus, puis de nouveau en taxi. Pour éviter les cratères sur la route, les chauffeurs zigzaguaient d’un bas-côté à l’autre, faisant pencher leurs véhicules à toute vitesse. Et moi, petite souris coincée dans un recoin, je serrais les fesses en cadence, la droite, la gauche, la droite, la gauche…

(suite…)

Causerie nocturne (2) avec Adama et Samba

Lundi, novembre 2nd, 2009

Décidément, les langues se délient quand vient la nuit. L’arbre à palabres est un mirage. Du moment que l’on peut s’asseoir et prendre le temps, il y a tant de choses à raconter. Mais il faut accepter de ne rien « garder », de ne rien « prendre ».  Ni photo, ni enregistrement. C’est ce dernier point qui me torture le plus. Sans les « r » qui roulent sur la langue, sans les « tu as vu », les « bon » caractéristiques, sans les intonations épiques et les fausses colères rhétoriques, nos conversations perdent un peu de leur saveur.  En racontant ces échanges tardifs sur ce blog, je trahis d’ailleurs un peu mes interlocuteurs.

Ce soir, dans la cour de la maison de Leïla, mes professeurs s’appellent Adama et Samba.

(suite…)

Jour de baptême chez les Diouf

Samedi, octobre 24th, 2009

Jour de baptême chez les Diouf

Mercredi, c’était la fête chez Ousmane Diouf et ses frères. On baptisait le nouveau né de la petite soeur de… non j’ai arrêté d’essayer de comprendre qui était qui. La notion de frère, ici, est extensible.

Dans l’étroite cour familiale, nous étions plus de quarante. Des enfants partout. Nous avions choisi de nous retrouver en fin d’après-midi pour profiter des heures tièdes de la journée mais en quelques minutes, nous étions tous en nage.

(suite…)