« Quand un discours m’exalte » / Entretien avec Sandra Bornand (1/2)
Dimanche, janvier 10th, 2010Petite, Sandra Bornand rêvait d’Afrique noire en écoutant les récits de son cousin né au Tchad et en fouillant dans le grenier de sa grand-mère. Elle collectait les pièces de 20 centimes, se promettant de poser les pieds un jour sur cet autre continent.
A la fin de ses études, elle décide de travailler sur un extrait d’une épopée d’un griot nigérien. Et part. « Quand je suis arrivée au Niger, c’était comme une évidence », dit-elle.
Elle qui voulait quitter le monde universitaire se lance dans une thèse sur les jasare (les griots généalogistes et historiens) et noue des relations particulières avec Djibo Badié, dit Djéliba (litt. “le grand griot”) ou Dialba (celui que j’ai suivi lors du mariage princier à Hamdallaye).



Sous un auvent de paille, face à la gare routière de Dagana, j’ai été frappée par la longueur des bras et des jambes d’Abdourahmani Sy, fils de griots peuls.
Quand, à la gare routière de Dagana, on m’a annoncé un trajet de sept heures pour rejoindre Matam, cela m’a paru un peu excessif pour près de 300 km. « Tu es sûr? » j’ai dit. « Quoi ! Tu demandes combien de temps et après tu demandes si je suis sûr ? » m’a répondu le jeune homme, vexé.

