Décidément, les langues se délient quand vient la nuit. L’arbre à palabres est un mirage. Du moment que l’on peut s’asseoir et prendre le temps, il y a tant de choses à raconter. Mais il faut accepter de ne rien « garder », de ne rien « prendre ». Ni photo, ni enregistrement. C’est ce dernier point qui me torture le plus. Sans les « r » qui roulent sur la langue, sans les « tu as vu », les « bon » caractéristiques, sans les intonations épiques et les fausses colères rhétoriques, nos conversations perdent un peu de leur saveur. En racontant ces échanges tardifs sur ce blog, je trahis d’ailleurs un peu mes interlocuteurs.
Ce soir, dans la cour de la maison de Leïla, mes professeurs s’appellent Adama et Samba.
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