Sur la route, du Mali au Burkina Faso

Bamako

Déjà trois semaines passées à Bamako, deux mois en Afrique de l’Ouest…il est temps de passer une nouvelle frontière. Direction : le Burkina Faso.

Un Bamako-Ouagadougou d’une traite ? Mes vertèbres me supplient de fractionner. Alors je fractionne.

Sikasso

Premier jour. Bamako-Sikasso (375 km au sud-est de la capitale, juste avant la frontière burkinabè)

Le taximan qui me conduit à la gare routière porte des gants en laine et un gros bonnet. Il est 6h du matin. Il doit faire 15 degrés. Je savoure, lui frissonne.

 » Un sac en plastique pour votre sac à 100 FCFA ? » me propose un homme avant que la soute ne l’avale. « Bah non, pourquoi faire ? »

Réponse trois heures plus tard, quand, après Bougouni, l’asphalte laisse place à la piste et que la poussière rouge s’engouffre dans le bus dépossédé depuis belle lurette d’une fenêtre sur deux. Trois heures à plisser les yeux, à contempler les pages de mon livre qui rougissent. Ma voisine me tend un mouchoir pour protéger mon visage. Trop tard, j’ai déjà changé de couleur.

Arrivés à Sikasso, mon sac et moi laissons un sillon rouge derrière nous jusqu’à la douche salvatrice. J’aurais tout de même pu lui offrir ce sac à 100 FCFA !

Un manguier éventré

Deuxième jour. Sikasso – Bobo-Dioulasso (Burkina Faso)

5h30, comme la veille, le réveil sonne. Le temps de charger les bagages sur le toit, comme les autres passagers endormis, j’alterne entre gorgées de thé brûlant et bouchées de sandwich à l’omelette.

Devant nous, deux jeunes vendeurs ambulants se font face. Sans dire un mot, ils laissent tomber leurs marchandises, s’emparent d’un bâton au sol et se sautent à la gorge. Duel à l’aube. Après les avoir séparés en les traitant de tous les noms, un homme hausse les épaules : » l’argent, toujours l’argent. »

Frontière burkinabè

Un peu avant 10 heures, nous passons la frontière. Un peu agacé par mes exigences de touriste, l’officier burkinabè cède et pose son tampon bien en face du visa. Son collègue a deux grandes cicatrices qui lui barrent les joues. Au fil des kilomètres, de plus en plus de visages marqués par les scarifications traditionnelles.

La terre ici est toujours rouge mais d’un rouge encore plus soutenu, plus sombre. Les cases rondes sont reliées entre elles par de petits murets. Petites forteresses familiales. Et toujours ces greniers dodus, rehaussés, coiffés de paille.

Bobo-Dioulasso

Drame. Dans les rues de Bobo-Dioulasso, plus de Jakarta mais de bonnes vieilles mobylettes Peugeot P50. Je n’ai rien contre mais ça ne fait pas « bip-bip » quand ça s’arrête. De ce côté-ci de la frontière, les taxis ne sont plus jaunes mais verts, il n’y a pas une boutique Orange tous les cent mètres mais des repères essentiels restent : au menu, c’est toujours riz sauce arachide, riz au gras ou riz sauce saka-saka* et le dioula, parlé ici, ressemble fort au bambara.

Avant de reprendre la route, je pose mon sac (encore un peu rouge) 48 heures à Bobo.
Et, ici aussi, c’est bientôt Noël !

C'est No-Noël !

* sauce à la feuille de patate douce. Et oui, je fais du mauvais esprit. Mais laissez-moi ça. Ca fait deux mois.
Afficher De Dakar à Niamey : où suis-je ? sur une carte plus grande

13/12/2009

Comments are closed.