Saint-Louis, couleurs fanées du temps passé
Dans les bras du fleuve Sénégal, l’île de Saint-Louis somnole, mélancolique, bercée par son passé colonial.

Ce petit bout de terre, 2 km de long sur une largeur de 300 m, fut le point de départ des expéditions coloniales dès le XVIIème siècle. Siège du gouvernement de l’Afrique occidentale française jusqu’en 1902, Saint-Louis restera capitale du Sénégal et de la Mauritanie colonisés jusqu’à l’indépendance.
A l’ombre de son atelier, Samba Thiam parle avec nostalgie du temps des colonies. Presque cinquante ans après, il regrette encore l’indépendance de son pays. « Depuis, le Sénégal sombre. »
Fils de forgeron, boursier « à l’école des blancs« , il cite avec orgueil Chateaubriand et Victor Hugo. Et parle un très beau français, avec application et déférénce. Quand il condamne les dirigeants sénégalais, « ils ne pensent qu’à leur intérêt« , je n’ai pas le coeur d’expliquer à ce grand-père de 80 ans que l’altruisme n’était pas la motivation principale des colons.
Au bout de la rue, Abdallah Sidi Baba attend qu’une toubab se penche sur ses rangs de bracelets et colliers importés de la Mauritanie, si proche. Ce sera moi. « Vous venez de Lille ? Aahh je connais bien Pierre Mauroy (décidément), nous sommes correspondants depuis 1985. »
Saint-Louis est jumelée à la ville de Lille. « Quand on a remis à Pierre Mauroy les clefs de la ville, c’est à moi que l’on a demandé de fabriquer les boîtes. Et il a demandé à me rencontrer ! »
Yaya, son frère, entre dans la bijouterie. On croise de nombreux mauritaniens ici à Saint-Louis, ils ont gardé leurs boubous caractéristiques, bleus ou blancs, certains portent le turban. Yaya n’avait même pas cinq ans quand il est arrivé au Sénégal mais fume quand même la pipe mauritanienne. « J’aime les traditions. »
L’eau boue dans la théière. Trois verres de thé. Comme en Mauritanie. Le premier, âpre comme la vie. Le second, fort comme l’amour et le troisième, suave comme la mort. Jusqu’à la dernière goutte, la larme de miel.

27/10/2009





27/10/2009 à 21 h 52 min
bonjour amelie
ravis de pouvoir suivre ton voyage au senegal
nous constatons que la timidité n’a pas l’air de t’inquiéter
tu ouvres des nouvelles portes quotidiennement
pleines de richesses et de surprises
bonne chance et a bientot
bises
01/11/2009 à 0 h 37 min
Après Lieve Joris je retrouve Saint-Louis avec toi !
Un bisous des colocs.