Les douze beautés de la femme

Pendant que ses femmes, ses filles, ses petites-filles et ses nièces s’affairent dans la courée familiale, véritable petit village dans la ville, Dialba proposait l’autre soir de détailler les ingrédients de la beauté de la femme africaine. Allons donc !

Qu’est-ce qu’une belle femme ?

Il était une fois une femme peul, Dialba l’a connue, qui était très belle. Immensément belle car elle possédait les douze beautés. Trois noires, trois blanches, trois minceurs et trois groisseurs.
Dialba prend le temps d’un silence. Répète : trois noires, trois blanches, trois minceurs et trois groisseurs. Le temps d’un silence, le temps de fantasmer un peu.
Et enchaîne.
D’abord les trois noires.
Les cheveux. De longs et beaux cheveux très noirs et brillants.
Les sourcils et les cils.
Les lèvres. Certaines femmes ont les lèvres noires naturellement, assure Dialba. Souvent les femmes doivent se teindre les lèvres, le pourtour des lèvres et les gencives avec du noir.

Ensuite, les trois blanches.
La peau. Plus la peau de la femme noire est claire plus elle est belle.
Le fond de l’œil. Personne ne veut d’une femme aux yeux rouges. Il faut que le fond de l’œil soit très blanc.
Les dents. De belles dents blanches et régulières.

Viennent alors les trois minceurs.
Le cou. Une très belle femme a un long cou fin. Un long cou fin et plissé.
La taille. Un repère : quand la femme s’allonge sur le côté, sa taille doit faire un pont sous lequel un chat peut se faufiler sans la toucher.
Les chevilles. C’est très rare, précise Dialba. De trouver une femme qui ne soit pas maigre et qui ait la cheville légère.

Enfin, les trois grosseurs.
La tête. Les Africains aiment les femmes qui ont une grosse tête avec de grands yeux, dit Dialba.
La poitrine. Surtout pas de poitrine plate ou rentrée à l’intérieur !
La « croupe ». Des fesses qui doivent être rondes, rebondies et toujours regarder vers le haut.

Douze beautés ainsi listées, reste à savoir s’il vaut mieux avoir une femme « douze » ou une « dix ». « Les femmes qui ont les douze beautés coûtent très cher et sont très convoitées. C’est difficile d’avoir une femme pareille et de la garder. » Mieux vaut peut-être se contenter d’une femme aux huit beautés, taquine Mounkaïla qui sert ce soir d’interprète.
Alors, plutôt douze, dix ou huit ?

En parlant de femmes…ce ne sont pas celles de Dialba mais les habitantes du petit village de Gourou Kirei près duquel j’ai passé ces derniers jours et réveillonner entourée de leurs rires.

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05/01/2010

5 Réponses pour “Les douze beautés de la femme”

  1. Redigé par christian:

    Bonne année 2010 Amélie

  2. Redigé par Bénédicte:

    Et les douze beautés de l’homme?

  3. Redigé par Jean-Pierre & Andrée:

    Merci pour vos reportages intéressants ainsi que pour les belles images du Niger et de Niamey, celles-ci nous font revivre d’heureux souvenirs.
    Lors de notre première visite nous avons eu le plaisir de partager un repas dans le jardin de Djéliba situé dans la périphérie de Niamey et à cette occasion nous avons pu écouter le récit des douze beautés en traduction simultanée.
    Transmettez lui ainsi qu’à toute sa famille nos meilleurs sentiments et nos amicales salutations.

    Jean-Pierre & Andrée

  4. Redigé par Gus:

    Merci pour ce blog, pour ta manière de raconter qui me replonge dans plein de souvenirs. Tu le fais avec énormément de sensibilité, de douceur, et d’humour. C’est un délice que de te lire.

  5. Redigé par ADAMA ISSA SACKO:

    les 12 beautés de la femme c’est à prendre avec reserve, car la beauté est NOIRE.

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