Archive la catégorie ‘01-Sénégal’

Bakel, dernière étape sénégalaise avant le Mali (diaporama)

Vendredi, novembre 6th, 2009

Pour beaucoup de Sénégalais, Bakel, c’est le bout du monde. Pendant l’hivernage*, les routes, défoncées par l’eau, étaient inutilisables. Et les habitants, comme en état de siège. Il y avait un pont sur la route de Bakel. Aujourd’hui, on en fait le tour par le cours d’eau asséché. Dans les médias nationaux, Bakel n’existe quasiment pas.

Et pourtant ! Bakel est une ville charmante, bien plus accueillante que l’aride Matam. Ici, nous sommes en terre soninké. C’est de là qu’est partie la grande majorité des premiers migrants sénégalais.  » La plupart des vieux que tu croises dans la rue sont des migrants qui ont travaillé toute leur vie en France et sont revenus au pays », m’explique Mamadou, mon hôte.

Je me poserais bien un peu ici mais le Mali est tout proche, je n’ai qu’une hâte : passer la frontière.
Quelques photos, mes derniers clichés au Sénégal. Mais Guillaume, Lillois amoureux de Saint-Louis l’a prédit : « tu y retourneras forcément. C’est un aimant. »


Et pour vous montrer où est Bakel (cette fois, Kim, j’espère que ça marchera) :

Afficher Matam – Bakel / Vendredi 6 novembre sur une carte plus grande

*hivernage : saison des pluies

Ne dites plus « griot », dites « communicateur traditionnel »

Vendredi, novembre 6th, 2009

Youssou Mbargane Mbaye

Puisque le griot « sait dire et faire faire », pourquoi ne pas mettre ses talents de communiquants au service de politiques publiques ?

Recyclant l’idée des « persuadeurs du village », le réseau national des communicateurs traditionnels du Sénégal est créé en 1997.

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Veillée chez les Sy, griots peuls

Jeudi, novembre 5th, 2009

Abdourahmani SySous un auvent de paille, face à la gare routière de Dagana, j’ai été frappée par la longueur des bras et des jambes d’Abdourahmani Sy, fils de griots peuls.
Immenses. Presque effrayants au regard de sa bouille d’enfant. Et pourtant, il a déjà trente ans. On dit que le temps ne compte pas en Afrique. C’est peut-être pour cela que les hommes ne semblent pas vieillir. Abdourahmani aurait pu me dire « j’ai 17 ans », je l’aurais cru.

Lui, le fils de Madani Thiam  Sy et de Nbeye Thiam, est fier d’être un Bambado : un griot peul.
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Neuf heures de bosses et puis Matam !

Mercredi, novembre 4th, 2009

MatamQuand, à la gare routière de Dagana, on m’a annoncé un trajet de sept heures pour rejoindre Matam, cela m’a paru un peu excessif pour près de 300 km. « Tu es sûr? » j’ai dit. « Quoi ! Tu demandes combien de temps et après tu demandes si je suis sûr ? » m’a répondu le jeune homme, vexé.

Punie. Neuf heures plus tard, les vertèbres un peu tassées, je suis arrivée à Matam. En mini-bus, en taxi collectif, en bus, puis de nouveau en taxi. Pour éviter les cratères sur la route, les chauffeurs zigzaguaient d’un bas-côté à l’autre, faisant pencher leurs véhicules à toute vitesse. Et moi, petite souris coincée dans un recoin, je serrais les fesses en cadence, la droite, la gauche, la droite, la gauche…

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Il était une fois…

Mardi, novembre 3rd, 2009

Iba Gueye

Poursuivons dans la série Contes avec ceux recueillis auprès des enfants de l’école Sada Maka Sy de Tambacounda, quartier Dépôt (merci à Matthieu et Eric).

Je suis très heureuse de pouvoir les mettre en ligne pour deux raisons. D’abord parce que j’aurais adoré me rendre à Tambacounda mais le temps presse et un avion important atterri bientôt à Bamako !

Heureuse aussi parce que publier ici des contes envoyés par d’autres, c’est ma petite contribution au beau projet d’Iba Gueye.  Souvenez-vous d’Iba Gueye, le conteur de Saint-Louis qui donnait la parole aux enfants.

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Causerie nocturne (2) avec Adama et Samba

Lundi, novembre 2nd, 2009

Décidément, les langues se délient quand vient la nuit. L’arbre à palabres est un mirage. Du moment que l’on peut s’asseoir et prendre le temps, il y a tant de choses à raconter. Mais il faut accepter de ne rien « garder », de ne rien « prendre ».  Ni photo, ni enregistrement. C’est ce dernier point qui me torture le plus. Sans les « r » qui roulent sur la langue, sans les « tu as vu », les « bon » caractéristiques, sans les intonations épiques et les fausses colères rhétoriques, nos conversations perdent un peu de leur saveur.  En racontant ces échanges tardifs sur ce blog, je trahis d’ailleurs un peu mes interlocuteurs.

Ce soir, dans la cour de la maison de Leïla, mes professeurs s’appellent Adama et Samba.

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Deux histoires de Bouky la hyène

Dimanche, novembre 1st, 2009

Merci à Matthieu des Petites laines qui m’a envoyé ces deux contes de Bouky la hyène racontés par Iba Gueye à Saint-Louis et qui en promet d’autres ! S’ils vous laissent perplexes, sachez qu’ils me déroutent tout autant !

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Rosso, ville-frontière (diaporama)

Dimanche, novembre 1st, 2009

Arrivée du ferryRosso est poussiéreuse, crasseuse et étouffante. Rosso n’est pas là pour faire la belle, Rosso est fonctionnelle.

C’est le principal poste-frontière entre le Sénégal et la Mauritanie. Plusieurs fois par jour, un ferry traverse le fleuve pour relier les deux pays.

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Route vers l’est : Saint Louis, Richard Toll et Dagana

Vendredi, octobre 30th, 2009

Vendeur ambulant à Richard Toll

Adieu Saint Louis. Cap vers l’est, le long du fleuve avec en ligne de mire : le Mali. Sur la carte : Richard Toll, Dagana, Podor, Matam, Bakel. Des noms qui ne veulent encore rien dire. A coups de joues gonflées et d’yeux qui roulent, on m’y a prédit une chaleur étouffante, des routes meurtries et épuisantes. Allons donc voir.

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Causerie nocturne avec Aziz et Yakhya

Jeudi, octobre 29th, 2009

En revenant de chez Valery, Pascal et Sophie qui m’avaient invitée à dîner dans leur belle maison au bout de la digue de Medina Darou, j’ai trouvé assis sur le perron de ciment de l’auberge de jeunesse, Yakhya et Aziz, profitant de la fraîcheur nocturne.

Yakhya, le beau parleur au visage d’enfant, tantôt guide touristique, tantôt technicien pour le festival de Jazz de Saint-Louis. Aziz, le veilleur taciturne au teint caramel qui fait mine de ne pas me voir en égrainant son  misbaha*.

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