Comment finir en beauté ?
Mercredi, janvier 13th, 2010A-t-on frôlé la catastrophe ou l’acte manqué ? Faut-il en rire ou en pleurer ? Au bout du fil, le monsieur Air France de Niamey s’est en tout cas bien marré !
A-t-on frôlé la catastrophe ou l’acte manqué ? Faut-il en rire ou en pleurer ? Au bout du fil, le monsieur Air France de Niamey s’est en tout cas bien marré !
« Ce qui m’a vraiment donné envie d’étudier cette parole du griot, c’est tout d’abord ma rencontre avec Dialba. » se souvient Sandra.
Puis, la question centrale de mon travail est venue d’une observation : un jour, lors du mariage d’un membre de la famille parmi laquelle je vivais, j’ai vu le jeune marié trembler à l’écoute de sa généalogie. J’ai alors demandé ce qui se passait et les gens autour de moi m’ont dit que c’était normal. J’ai alors voulu comprendre ce qui provoquait de tels tremblements et ce qui se jouait à ce moment. Ceci m’a amenée sur la piste du pouvoir du jasare et de sa parole : alors qu’il est clairement considéré comme “inférieur” au noble, il prend tout à coup pouvoir sur lui et cela grâce à sa parole
Petite, Sandra Bornand rêvait d’Afrique noire en écoutant les récits de son cousin né au Tchad et en fouillant dans le grenier de sa grand-mère. Elle collectait les pièces de 20 centimes, se promettant de poser les pieds un jour sur cet autre continent.
A la fin de ses études, elle décide de travailler sur un extrait d’une épopée d’un griot nigérien. Et part. « Quand je suis arrivée au Niger, c’était comme une évidence », dit-elle.
Elle qui voulait quitter le monde universitaire se lance dans une thèse sur les jasare (les griots généalogistes et historiens) et noue des relations particulières avec Djibo Badié, dit Djéliba (litt. “le grand griot”) ou Dialba (celui que j’ai suivi lors du mariage princier à Hamdallaye).
Vous avez peut-être noté qu’au Mali, j’ai soigneusement évité de vous faire le coup de la chanson « les dimanches à Bamako, c’est les jours de … »* A Niamey, en revanche, j’ai eu la chance d’assister, ce dimanche, à un mariage princier. Celui du fils de feu le chef traditionnel d’Hamdallaye, un village au nord-est de la capitale nigérienne.
Pendant que je tente une nouvelle fois de passer la frontière nigérienne, je vous laisse encore un jour à Ouagadougou.
Dès mon arrivée à Ouagadougou, tout le monde m’a conseillée d’essayer de rencontrer Maître Frédéric Titinga Pacere. Essayer seulement parce que Maître Pacere est un homme très occupé. « Hommes de lettres et de culture », Me Pacere est également avocat et plaide depuis 1985 au Tribunal Pénal International.
Ma chance, c’est que les plaidoiries du procès auquel il prend part sont terminées. Et qu’il s’accorde quelques mois de répit chez lui, au Burkina, pour souffler et s’occuper de son musée de Manega, « le plus grand musée privé d’Afrique de l’ouest », précise-t-il, le musée de la Bendrologie.
Souffler un peu et, au passage, publier quelques bouquins, sa spécialité. La liste de ses ouvrages est si longue qu’il peut se permettre d’en placer un titre à peu près dans chacune de ses réponses !

La conservation du patrimoine oral burkinabè ? » Pfff. C’est comme si nous étions en train de brûler nos châteaux de la Loire. » Peu d’espoir dans cette réponse chambordienne, inspirée sans doute par les années qu’Alain Sanou a passé sur les bancs de l’Université de Tours à étudier l’ethno-linguistique.
Avant de quitter le Mali et de découvrir le Burkina Faso, je voulais vous parler de Massa Makan Diabaté.
Son nom ne me disait rien et pourtant, on me l’a présenté comme un grand écrivain malien, presque aussi populaire qu’Amadou Hampâté Bâ.

ENFIN ! Une griotte ! Il était temps, me direz-vous.
Toujours encadrées, toujours au second plan, femmes de griots avant d’être griottes, celles croisées avant Ami laissaient la parole aux hommes. Je voulais donc profiter de mon séjour à Bamako pour rencontrer des femmes indépendantes, des griottes célèbres, celles dont les cassettes grésillent partout, dans les bus, les taxis, les cafés, celles qui font la une des magazines locaux. Mah Kouyaté numéro 1, Oumou Sangaré, Babani Koné ou Ami Koïta.
Mes méthodes d’approche n’ont pas été fructueuses. Les jours passaient. Messages sur répondeur. « Rappelez demain, rappelez la semaine prochaine »…
Et voilà qu’en deux jours, mes deux derniers jours à Bamako, les griottes semblent tomber du ciel !
Chers vous,
Je m’apprête (dans quelques jours) à quitter le Mali pour entamer la troisième partie, le troisième mois de ce voyage, à savoir : le Burkina Faso puis le sud-ouest du Niger.
Si vous avez des amis, des connaissances dans ces pays, je suis plus que preneuse ! Mon mail se trouve dans la rubrique « Et moi » dans la colonne de droite.
Et je suis l’évolution de la situation au Niamey (Niger). Le coup d’Etat que tout le monde annonce aura-t-il lieu ?

De cette escapade d’un jour à Siby, moins de cent kilomètres au sud-ouest de Bamako, je n’attendais qu’un peu de calme et de verdure loin de la poussiéreuse capitale. Cherchant un guide pour une promenade dans les monts Mading, j’y ai rencontré par hasard Ibrahima.
Ibrahima comment ? « Diabaté. »« Tu es griot alors ? » « Merci !* »
Et pas n’importe quel griot Diabaté ! Un Diabaté de Kéla.